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Dr Véronique Diéras, responsable de l'unité d'Investigation clinique

"...Aujourd'hui, grâce à l'essor de la biologie moléculaire, on peut classer les cancers du sein suivant leurs caractéristiques moléculaires et proposer des traitements spécifiques..."

Dr Véronique Diéras
Dr Véronique Diéras

Quels sont les grandes (r)évolutions qui ont modifié la prise en charge des cancers du sein ?

V. D. : Il y a 20 ans, le traitement du cancer du sein était fonction de l'âge de la patiente, de la taille de sa tumeur et de la présence de cellules tumorales dans les ganglions. Aujourd'hui, grâce à l'essor de la biologie moléculaire, on peut classer les cancers du sein suivant leurs caractéristiques moléculaires et proposer des traitements spécifiques comme l'hormonothérapie (tamoxifène ou inhibiteur de l'aromatase) pour les cancers présentant des récepteurs hormonaux ou le trastuzumab (Herceptin®) pour celles ayant une amplification de HER2.

Ces nouvelles molécules, administrées après le traitement local, réduisent significativement le risque de rechute. Ainsi, l'Herceptin® diminue de 50 % le risque de rechute et ce, pour des cancers qui étaient, avant la découverte de cet anticorps, considérés comme de mauvais pronostic.

Et à l'avenir, cette classification devrait encore s'affiner notamment, en ajoutant les données moléculaires concernant l'hôte à celle de sa tumeur (pharmacogénétique).

Quels sont les grands progrès à venir ? 

V. D. : Ils résident d'une part, dans la recherche de solutions pour contrer les résistances à l'Herceptin® qui finissent par apparaître systématiquement - après un temps variable selon les patientes- au cours du traitement. Les essais cliniques, qui ont lieu principalement sur des formes tumorales avancées, concernent des molécules agissant soit sur le récepteur HER2 (lapatinib, pertuzumab, neralinib, TDM1), soit sur la cascade de signalisation (inhibiteurs de mTOR, inhibiteurs HDAC). Ils semblent prometteurs.

D'autre part, les anti-angiogéniques qui ont déjà fait leurs preuves pour les cancers du poumon, du rein... viennent de recevoir leur première autorisation de mise sur le marché pour les formes métastasées de cancers du sein. Les essais se poursuivent pour identifier des sous-groupes de patientes qui bénéficieront le plus de cette thérapie.

Pour les cancers du sein dits « triple négatifs » - cancers de mauvais pronostic car ils ne sont ni sensibles au trastuzumab (Herceptin®), ni à l'hormonothérapie -, une avancée majeure a été obtenue avec les inhibiteurs de PARP,  administrés seuls ou en association avec une chimiothérapie. Les premiers résultats sont très concluants sur certaines formes de cancers du sein métastasés et devraient rapidement déboucher sur des essais à des stades plus précoces de la maladie.

Entretien avec le Dr Véronique Diéras, responsable de l'unité d'Investigation clinique.